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Seul 1,9 % des travailleurs prend un congé-éducation rémunéré

26 août 2019
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Acerta : malgré l'importance de la formation, le congé-éducation payé recule pour la cinquième année d’affilée

Bruxelles, le 26 août 2019 – En 2018, 1,9 % des travailleurs du secteur privé a eu recours au système du congé-éducation payé (CEP), selon les calculs du prestataire de services RH Acerta. Il est étonnant de constater que ce pourcentage a encore baissé : en 2017, 2,0 % des travailleurs a pris un CEP, ce qui représentait déjà un faible taux. Malgré l’importance croissante de la formation continue, le travailleur belge opte peu pour le congé-éducation payé. Nous constatons également de nettes différences régionales. En Wallonie, 1 % des travailleurs à peine utilise le congé-éducation payé, soit la moitié de la moyenne pour la Flandre (2 %). Le congé-éducation payé est une compétence régionale et, à partir du 1er septembre, le CEP en Flandre est remodelé sous la forme d'un nouveau congé de formation flamand (Vlaams Opleidingsverlof, VOV), un système visant plus de performances pour les travailleurs désireux de suivre une formation axée sur le marché de l’emploi ou la carrière.

Les Belges ne se recyclent pas avec le congé-éducation payé : 1,9 % et 51 heures

Le système du congé-éducation payé prévoit qu’un travailleur qui suit des formations déterminées peut prendre un certain nombre d’heures de congé supplémentaires auprès de son employeur à cet effet. Nous pouvons partir du principe que le nombre d’heures de congé-éducation rémunéré constitue une très bonne indication du nombre de formations suivies par les travailleurs de leur propre initiative.

En 2018, 1,9 % des travailleurs belges du secteur privé a eu recours au congé-éducation payé (CEP), selon les chiffres d’Acerta. L’utilisation du congé-éducation payé recule donc pour la cinquième année d’affilée.

pourcentage de travailleurs belges prenant le congé-éducation payé

Figure 1 : pourcentage de travailleurs belges prenant le congé-éducation payé

Les 1,9 % de travailleurs qui se recyclent à l’aide du système du congé-éducation payé se sont absentés du travail pendant 51 heures en moyenne pour cette raison en 2018. En 2017, il s’agissait de 58 heures. Ce faisant, nous dépassons largement le minimum imposé de 32 heures, certes, mais nous restons loin du maximum de 120 heures.

Laura Couchard, Juriste chez Acerta: « Le congé-éducation ne représente qu’une des nombreuses possibilités de formation. Il s’agit d'une des options qui s'offrent au travailleur en vue de suivre une formation moyennant une intervention. Nous constatons que les travailleurs la choisisse peu, et même de moins en moins. Cela ne signifie pas nécessairement que les travailleurs ne se recyclent pas (ou ne veulent pas se recycler), mais il semble qu’ils le fassent rarement au moyen de ce système. Ceux qui y ont recours enregistrent 51 heures de congé-éducation. Par conséquent, ils se montrent très économes par rapport aux heures auxquelles ils peuvent prétendre. »

Le congé-éducation moitié moins populaire en Wallonie qu’en Flandre : 1 % contre 2 %

L’intérêt envers le congé-éducation payé est réduit. En outre, les chiffres d’Acerta indiquent qu’il semble varier fortement selon la région. Le pourcentage moyen de travailleurs qui y ont recours en Wallonie n’atteint pas la moitié de la moyenne en Flandre : 1,0 % contre 2,0 %. Dans la Région de Bruxelles-Capitale également, le congé-éducation payé est moins populaire qu’en Flandre : 1,4 % des travailleurs en profitent.

pourcentage de travailleurs prenant un congé-éducation payé, par région

Figure 2 : pourcentage de travailleurs prenant un congé-éducation payé, par région

Le congé-éducation payé (CEP) devient le congé de formation flamand en Flandre

Jusqu’en septembre, les règles du congé-éducation sont les mêmes dans toutes les régions : l’ancienne réglementation initialement fédérale s’applique partout. Dès septembre, le congé-éducation payé (CEP) deviendra le congé de formation flamand (Vlaams Opleidingsverlof, VOV) en Flandre. Ce nouveau régime flamand impliquera un contrôle plus strict des formations reconnues (axées sur le marché de l’emploi et/ou la carrière) pour ainsi pouvoir garantir une qualité suffisante.

Pour l’instant, il n’est pas question de système de congé-éducation adapté en Wallonie et dans la Région de Bruxelles-Capitale. La réglementation fédérale y reste en vigueur.

 

À propos des chiffres

Les données recueillies sont basées sur les données réelles de travailleurs en service auprès de plus de 40 000 employeurs issus du secteur privé, auquel appartiennent aussi bien des PME que des grandes entreprises.

Cette analyse a notamment été publiée dans :

 

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