« Plus heureuse maintenant que je peux combiner famille et activité indépendante »

19 juin 2018

Comment faire pour concilier vie de famille et gestion d’une start-up ou d’une entreprise en pleine croissance ? En tant que travailleur indépendant, avez-vous réellement plus de contrôle sur votre agenda ? Laissez-vous inspirer par ces trois super mamans qui dirigent leur propre entreprise : Liesbeth, Elke et Sofie.

Liesbeth Diels (35), styliste indépendante et gérante de Lilirooz

Maintenant, je participe aux activités scolaires

Jusqu'il y a quatre ans, je consacrais de longues heures à mon travail de styliste, creatieve organisator et employée commerciale. Je n'avais aucun contrôle sur mon agenda et je sentais que je consacrais trop peu de temps à mes enfants. J'ai aussi dû manquer des moments importants, comme la fête des mères à l'école. »
« Aujourd’hui, c’est différent. Je suis maître de mon agenda et je libère du temps pour les activités et les devoirs. Malgré tout, je travaille dur en tant que styliste personnelle. Je conseille aussi les commerçants et je donne des formations en vente chez Fred + Ginger. Et puis, j'ai aussi lancé mon propre label de cols : Lilirooz, qui représente déjà 40 % de mon activité. »

« Ces cols ont une histoire particulière. J’avais remarqué que, comme moi, d'autres femmes achetaient souvent des chemisiers pour leur joli col, mais que souvent le reste du chemisier ne leur allait pas. Trop large ici, trop serré là. Un col indépendant m’est apparu comme la solution. Je n'avais pas prévu un tel succès. Avant que je m’en rende compte, les rayons des grandes chaînes de magasins étaient remplis de versions meilleur marché. Le lancement de mon label Lilirooz s'est également accéléré. »
Maintenant que le battage est terminé, c'est aussi plus calme pour moi. Et c’est une bonne chose. Je peux maintenant développer le label à mon rythme, en mettant l'accent sur la durabilité et l'honnêteté.
Intense. C’est le mot. Parce que je fais tout moi-même : recherche de points de vente, discussions avec les commerçants, présentation de la nouvelle collection, prise de rendez-vous avec les producteurs belges... jusqu'à la livraison des cols dans les trente points de vente du pays. »

« J’ai toujours su qu’un jour je serais indépendante. C'est en moi depuis mon plus jeune âge. Je suis entrepreneuse dans l’âme. Et soudain, j’ai eu envie de sauter le pas. Mes enfants allaient à l'école, me laissaient dormir la nuit, comprenaient quand je devais répondre au téléphone et avaient moins besoin que je m’occupe d’eux. Le temps était venu.
« Mon conseil pour les personnes qui hésitent : ne vous laissez pas gagner par la peur. Commencez par calculer sur papier si votre projet tient la route financièrement. Même si ce n’est pas le cas, cela vous donne au moins une indication du temps que vous pouvez essayer votre activité indépendante ou de ce que vous devez faire autrement.
Malgré tout, ça ne marche pas ? Ce n’est pas grave. Vous pouvez retirer tellement d’enseignement de la création de votre propre entreprise. C’est incroyable le nombre de personnes, d’idées, d’expériences que j’ai croisées et la mentalité que j’ai acquise. »

Pourquoi Liesbeth est une indépendante heureuse ?

  • Je gère mon propre agenda.
  • Je travaille le soir quand les enfants sont au lit.
  • Je développe mon entreprise à mon rythme.
  • Je m’engage à fond pour la durabilité et l'honnêteté.
  • Je bois régulièrement un café avec d'autres femmes d'affaires.

www.lilirooz.com

Elke Notebaert (37), gérante du cabinet de sages-femmes De Wolk

Maintenant, je consacre du temps à ma famille et à moi-même

« C’était difficile les dernières années. J’ai été Sage-femme de l’année en 2017. Le cabinet de sage-femme De Wolk, que j’ai créé à partir de mon propre cabinet, s’est très vite développé. De cette façon, je pouvais faire tout ce que je voulais : stimuler positivement les mères, leur donner de la force. »
« C’est ce que nous faisons aujourd'hui. Nous les soutenons et les aidons pendant la grossesse, pendant l'accouchement et aussi après. Mais nous faisons bien plus. À notre équipe de 7 sages-femmes, s’ajoutent un psychologue, un diététicien pour enfants, un kinésithérapeute et un thérapeute de la danse et du mouvement. Grâce à cette approche globale, les mères se passent plus facilement de l'étape du psychologue ou du diététicien. Et nous organisons des activités sociales avec d'autres mères. Au total, nous avons aidé 681mamans et bébés en 2017. »

« Comment fais-tu ? » Me demandaient toujours mes amies. Je répondais laconiquement : « En dormant moins ». C’était devenu une blague avec mes copines, avec le hashtag #jedorsmoins. Mais cette bonne humeur occultait la vérité.
J'avais déjà beaucoup de travail, je devais être active sur les réseaux sociaux, je voulais être disponible à tout moment, je voyais la montagne de paperasse s’accumuler, j’acceptais le service de garde quand mes collègues étaient absentes, etc.
J’étais devenue un bourreau de travail, je travaillais aux dépens de ma famille, de mon mari et de moi-même. Le cabinet était juste la porte à côté de mon salon et il y avait de la paperasse partout dans la maison. Ce n’était pas sain. Je veux être honnête sur le côté obscur de la médaille. »

« Je n’arrivais plus à me vider la tête, c’est pourquoi pour le moment je fais une pause. Mon agenda restera vide pendant trois mois et je recommencerai en septembre après une formation en gestion du temps et une gestion plus stricte de mon agenda et de mes heures de travail. J’y vais en douceur avec mes clients et me collègues, et je dois faire pareil avec moi-même. J’y parviens, grâce à mon mari qui m'a aidée à vider le salon de tout mon travail et grâce à l'équipe du cabinet.
Tous les travailleurs indépendants qui travaillent pour le cabinet versent un petit pourcentage. Donc dans l’intervalle, j’ai quand même un petit revenu. Avec mon comptable, j'ai calculé que je pourrais rester à la maison pendant six mois. » 

Pourquoi Elke est une travailleuse indépendante heureuse ?

  • En tant qu'indépendante, j'ai le contrôle sur mon travail et mes tâches.
  • J’ai une équipe solide qui fonctionne même sans moi.
  • Je peux répartir mes tâches entre toute l'équipe.
  • J'embauche une force administrative indépendante.
  • J'aime l'énergie que me donne le fait d’aider les gens.

www.vroedvrouwenpraktijkdewolk.be

Sofie Jerumanis (42), Responsable RH, sécurité et marketing chez Wim Verhuur

J’ai décidé de franchir le pas

« En 2007, j'ai abandonné mon travail de professeur de français pour rejoindre l’entreprise de location de machines de mon mari. À l'époque, Wim Verhuur était déjà devenu une entreprise de taille moyenne née dans la serre de tomates de ses parents. Depuis lors, les chiffres ont crevé le plafond. Ainsi, cette année, nous sommes environ 50 % plus grands que l'année dernière, avec 45 employés, plus de 2000 machines de jardinage et de construction à louer et un chiffre d'affaires de 11 millions d'euros. En 2017, nous avons acheté pour 10 millions d'euros de machines et un nouveau bâtiment industriel pour 9 millions d'euros. Notre objectif pour l'avenir ? Être, d’ici à 2020, la société de location la plus innovante. »

« J’ai toujours laissé faire Wim. J'étais à la fois Manager de notre famille de trois enfants et de l'entreprise.
Je combinais les deux, puis j’ai pris une décision : mon instinct m'a dit qu’il était temps de rejoindre la société à temps plein. « Notre quatrième enfant », comme nous l'appelons parfois. Alors, j'ai cherché quelqu’un pour m’aider à la maison. Une babysitter reprend maintenant nos enfants deux fois par semaine à l'école, prépare le repas et les aide à faire leurs devoirs. Mes beaux-parents s’en occupent aussi souvent.
J'ai choisi d'être à la maison le mercredi après-midi et le week-end. »

« J'ai commencé par une gestion opérationnelle, puis j’ai senti que notre entreprise avait besoin d’autre chose que de personnes supplémentaires. Il nous fallait une structure, une vision stratégique, un conseil consultatif externe et un plan d'entreprise. J'ai rédigé ce plan pendant la formation Vlerick : PME Excellence. L'année dernière, au cours de l'Executive Master Class HR, j'ai élaboré un projet visant à assurer le bon fonctionnement de la communication dans une entreprise en pleine croissance et à maintenir la motivation.
Car je trouve cela essentiel. Je veux être chaque jour parmi notre personnel, savoir ce que leur travail implique et quels sont leurs centres d’intérêt. »

« Comme Wim, j’ai une âme d’entrepreneur. Il me faut donc de l'action. Il faut que les choses bougent, avec les enfants aussi. Tout ne doit pas être parfait. S'ils font moins sur une journée ou si nous manquons un cadeau pour une fête, ce n’est pas grave. Nous trouvons toujours une solution.
Je leur donne aussi beaucoup de responsabilités. S'ils m'appellent parce qu'il n'y a pas de pain, je leur permets d’aller à la boulangerie. Ou je demande au plus grand de faire cuire les pommes de terre.
Ils apprennent à se débrouiller. Ils aident aussi parfois dans l’entreprise. « Je peux être payé ? » demandent-ils par après. Eh oui, ils ont déjà l’esprit commerçant. »

Pourquoi Sofie est-elle une travailleuse indépendante heureuse ?

  • J’ai pu suivre mon intuition et j’ai fait le choix de me lancer.
  • J'apporte une vision à plus long terme à notre entreprise.
  • À la maison, ça se passe bien grâce à une aide et à ma belle-famille.
  • Je vois mes enfants grandir et prendre leurs responsabilités.
  • Les moments passés ensemble en famille sont plus intenses.

www.wimverhuur.be

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