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2 entrepreneurs débutants sur 3 n’ont pas de business plan

05 décembre 2018
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Bruxelles, le 5 décembre 2018 – En 2017, la Belgique comptait 114 601 starters. C’est le double du nombre au début de ce millénaire. Et cette tendance se poursuit en 2018. Toutefois, 2 starters sur 3 se lancent sans business plan. C’est ce qu’il ressort des chiffres de l’Institut National d’Assurances Sociales pour Travailleurs Indépendants (INASTI) et du prestataire de services RH ACERTA. La cause potentielle: la suppression de la loi d’établissement au 1er janvier 2018 en Flandre. Une autre enquête du prestataire de services RH ACERTA nous apprend que cette préparation reste néanmoins importante et même décisive pour la satisfaction des starters.

Plus de deux fois plus de starters depuis 2000

En 2000, la Belgique comptait 54 107 nouveaux indépendants ; ils étaient 114 601 en 2017. L’augmentation est impressionnante : +111,8 %. Selon les chiffres d’ACERTA, cette tendance à la hausse se poursuit au cours des 10 premiers mois de 2018 : l’afflux de starters est supérieur de 10,63 % à celui des mêmes mois pour l’année 2017.

Tableau 1 : afflux indépendants – chiffres INASTI

La population des starters a bien évolué au fil des années : le groupe des 25 à 40 ans et la représentation masculine sont et restent majoritaires. L’augmentation se situe généralement surtout au sein du groupe des 40 à 60 ans, tant pour les hommes que les femmes.

Tableau 2 : afflux indépendants, selon l’âge – chiffres INASTI

Nadine Morren, Directrice Service à la Clientèle Starters & Indépendants, déclare : « Le fait qu’il y ait plus de starters témoigne de la confiance dans l’économie. Cette évolution est certainement aussi la conséquence de l’amélioration du statut d’indépendant. Les plus de 40 ans saisissent de plus en plus souvent leur chance d’être plus indépendants, les personnes pensionnées peuvent gagner un revenu supplémentaire illimité, etc. Autant de raisons qui expliquent la popularité croissante du statut d’indépendant. Un tel esprit d’entreprise doit être salué, car il fait naître de nouvelles initiatives et, à terme, de nouveaux emplois. »

Avertissement : 2 starters sur 3 n’ont pas de business plan, ce qui est toutefois un facteur de succès critique

Néanmoins, l’enquête menée par ACERTA auprès des starters – l’Indicateur ACERTA – montre aussi le rapport entre une bonne préparation et le succès du starter à long terme : mieux il est préparé, plus les chances qu’il soit satisfait sont grandes.

Nadine Morren explique : « Avant en Flandre, il y avait la loi d’établissement et la condition de qualification professionnelle qui y était associée, celle-ci est toujours en vigueur à Bruxelles et en Wallonie. Le seuil pour devenir indépendant a été abaissé en Flandre, la préparation est bien plus devenue une initiative libre du starter. Cela comporte un danger. Une enquête menée par ACERTA auprès des starters nous apprend que 2 starters sur 3 n’ont pas de business plan, même s’il s’agit d’un facteur de succès décisif: 46 % de ceux qui disposent bel et bien d’un business plan sortent très ou extrêmement satisfaits de la phase de lancement ; ce pourcentage de satisfaction chute à 33 % pour ceux qui ne s’appuient pas sur un tel plan. » 

La recherche de coaching, signe d’un esprit d’entreprise mature

Se lancer, on ne le fait généralement qu’une seule fois et il serait dommage que tous les starters commencent par commettre les mêmes erreurs. C’est pourquoi il est important d’introduire suffisamment de continuité dans le climat d’entreprise. Les starters devraient apprendre les uns des autres, des partenaires et des expériences antérieures.

Nadine Morren ajoute: « Parfois, les starters ont besoin d’un coup de pouce, car ce sont typiquement des personnes qui préfèrent trouver des solutions et agir elles-mêmes ; c’est peut-être précisément cette propension qui les a poussées à franchir le pas vers le statut d’indépendant. Toutefois, il existe certainement suffisamment de réseaux, plateformes, partenaires, etc. différents pour que chaque indépendant puisse trouver le soutien qui lui convient, sans devoir perdre en indépendance. Faire appel à une assistance adéquate témoigne même d’un esprit d’entreprise plus mature que de vouloir trouver toutes les solutions par soi-même. »

Afin que tous les starters n’aient pas à se heurter systématiquement aux obstacles de l’entrepreneuriat par la méthode essai-erreur, ACERTA va mettre sur pied la Starters Académie, qui fait elle-même partie du plus vaste Programme pour starters. Les starters seront toujours informés, guidés et inspirés sur un aspect particulier de l’entrepreneuriat par petits groupes de maximum 20 participants.

À propos des chiffres 
L’analyse était basée d’une part sur les chiffres propres jusqu’en octobre 2018 et d’autre part sur les chiffres les plus récents de l’INASTI pour la période 2000-2017. Ces chiffres englobent tous les indépendants, tant en activité principale qu’en activité complémentaire. L’Indicateur est une enquête d’ACERTA menée auprès de 1000 starters indépendants (de 2017/7 à 2018/3 inclus) ayant lancé leur entreprise (obstacles, surprises, principaux défis, etc.) et clôturée en septembre 2018. 

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