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Le coronavirus n’affecte pas la prime bénéficiaire des travailleurs

11 août 2021

7 travailleurs sur 1000 ont déjà obtenu une prime bénéficiaire cette année

Bruxelles, le 11 août - 0,67 % des travailleurs – soit 7 sur 1000 – ont déjà reçu une prime bénéficiaire de leur employeur cette année. Il s’agit d’une légère augmentation par rapport à 2020, où 0,5 % des travailleurs avaient reçu une prime bénéficiaire avant l’été. C’est ce qui ressort d’une analyse de l’entreprise de services RH ACERTA sur la base des données de 330 000 travailleurs. Bien que les primes bénéficiaires soient basées sur les résultats de l’entreprise lors de l’exercice précédent, la crise du coronavirus n’a pas rendu les employeurs plus réticents à octroyer ce bonus supplémentaire à leur personnel après une année difficile.

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Prime bénéficiaire pour 7 travailleurs sur 1000

Bien qu’elle ait été introduite le 1er janvier 2018, la prime bénéficiaire reste un système de bonus relativement « nouveau ». Depuis son lancement, la prime bénéficiaire n’a pas encore pu laisser éclater tout son potentiel. Puisque la prime est basée sur les résultats de l’exercice précédent, cela entraîne un certain retard de paiement. L’année de travail 2020, soit la plus récente, a également été perturbée par la pandémie, ce qui implique que nous ne pouvons pas supposer un fonctionnement « normal » ni donc un résultat annuel normal pour nos sociétés belges. Néanmoins, à la fin du mois d’avril 2021, près de 7 travailleurs sur mille (0,67 %) avaient déjà reçu une prime bénéficiaire. Fait assez étonnant : il s’agit d’une légère augmentation par rapport à avril 2020, où 0,5 % des travailleurs avaient obtenu une prime bénéficiaire. Le nombre d’entreprises versant une prime bénéficiaire n’a pas changé et s’élève toujours à 0,34 %, soit 34 sur 10 000. Le montant moyen octroyé est de 1947,45 euros et est légèrement inférieur à celui de fin avril 2020 (année de référence 2019).

Illustration 1 : La prime bénéficiaire, qui l’octroie et qui la reçoit – 2018-2019-2020

Le gros avantage de la prime bénéficiaire ? Le rapport brut-net favorable

Comme tout système de bonus, les modalités de la prime bénéficiaire en font une option plus ou moins attractive pour les employeurs.

Catherine Langenaeken, Senior Consultant chez Acerta Consult : « L’un des avantages de la prime bénéficiaire est le rapport brut-net intéressant. La prime n’étant pas considérée comme un salaire, elle n’est pas soumise aux cotisations de sécurité sociale ni au précompte professionnel en tant que revenu professionnel. Bien qu’il y ait un prélèvement spécial (libératoire) de 7 % au moment de l’octroi et que le travailleur soit redevable d’une cotisation de solidarité de 13,07 %, le résultat net de la prime bénéficiaire reste plus intéressant que d’autres bonus tels que le bonus salarial. La prime bénéficiaire est toujours un bonus collectif : vous la donnez soit à l’ensemble du personnel (ou à une certaine catégorie du personnel), soit à personne. Son montant est le même pour chaque bénéficiaire et correspond à un pourcentage ou à un montant fixe calculé sur la masse salariale totale. La prime bénéficiaire peut être octroyée en plus de la marge des coûts salariaux prévue par le gouvernement, la réglementation en matière de modération des frais salariaux n’est pas d’application dans ce cas de figure. Autre avantage : l’employeur peut s’engager ou non à verser cette prime bénéficiaire chaque année et celle-ci ne sera octroyée qu’en cas de bénéfice. Si un employeur souhaite différencier et individualiser l’octroi d’une prime, la prime bénéficiaire ne constitue pas un choix logique. Une autre limite est que les résultats financiers de l’entreprise sont le seul critère déterminant pour la prime bénéficiaire, alors que les bénéfices ne représentent bien sûr qu’un seul indicateur de réussite. »

Illustration 2 : La prime bénéficiaire et le bonus salarial : rapport brut-net

À propos des chiffres

Les données recueillies sont basées sur un échantillon de 30 000 employeurs issus du secteur privé, auquel appartiennent aussi bien des PME que des grandes entreprises, représentant ensemble 330 000 travailleurs.

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