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70 % des travailleurs veulent composer eux-mêmes leur package salarial

21 juin 2018
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Plus de 1 sur 4 veut acheter ou vendre des vacances, un quart veut acheter de la pension supplémentaire, un quart veut acheter une voiture de société ou un vélo de société

Bruxelles, le 21 juin 2018 – 70,5 % des travailleurs trouvent important de pouvoir faire leurs propres choix quant à la composition du package salarial. Tel est le constat d’un questionnaire mené par le prestataire de services RH ACERTA auprès de plus de 1700 travailleurs belges en mars 2018. Les travailleurs sont en outre plus critiques qu’il y a deux ans quant à la composition de leur salaire. Dans ce contexte, la rémunération va au-delà d'un simple salaire en espèces. Les vacances, la mobilité et la pension constituent les trois ingrédients importants.

Plus d’un quart des travailleurs veulent acheter ou vendre des jours de vacances

Tableau 1 : Quelles options de rémunération les travailleurs aimeraient-ils se voir offrir ?

Les travailleurs placent en tête de la liste de souhaits sur les options pour leur package salarial la possibilité d’un échange entre des jours de vacances et du salaire en espèces. 31 % envisageraient de ne pas prendre de jours de vacances s’ils reçoivent en échange du salaire en espèces. Ce sont en particulier plutôt les jeunes travailleurs qui sont demandeurs : 42 % des travailleurs mettant ce choix en avant ont moins de 30 ans. Mais attention : 26 % des travailleurs ne sont pas contre un échange dans le sens inverse. Ils préféreraient davantage de vacances et sont prêts à les payer avec du salaire en espèces. Un employeur désireux de répondre au maximum aux besoins de ses travailleurs prévoira par conséquent les 2 possibilités.

Les travailleurs n’attendent pas la réforme des pensions

On attend encore la réforme des pensions et le budget mobilité annoncé, mais les travailleurs indiquent de toute façon que ces thèmes leur tiennent à cœur. 25 % ont manifestement décidé qu’ils avaient intérêt à miser davantage sur leur pension pour plus tard. Même si la notion « plus tard » est relative : dans le questionnaire, ce sont surtout les travailleurs plus âgés qui avancent l’option d’échanger du salaire en espèces contre une constitution de pension supplémentaire.

Espèces, voiture, e-bike et même vacances : autant d’éléments du package mobilité

25 % des travailleurs interrogés relient la composition de leur package salarial à la mobilité. Ils sont prêts à payer pour avoir la liberté de choisir de se rendre au travail en voiture de société ou à vélo de société électrique. Malgré l’attention publique négative pour la voiture de société et les louanges pour le vélo comme solution de mobilité, il ressort du questionnaire que la voiture de société est deux fois plus populaire que le vélo. Olivier Marcq, juriste : « Ce n’est pas totalement illogique : pour les personnes qui vivent trop loin du travail, le vélo – même électrique – ne sera jamais une solution. L’option cash-for-car, qui existe déjà, est une bonne initiative qui va dans la bonne direction, mais il s’agit toutefois d’une solution insuffisante à la question de la mobilité. On attend encore beaucoup de la proposition plus large d’un budget de mobilité, qui est en cours de création. Mais ici aussi, on s’attend à ce que le travailleur qui a déjà une voiture de société échange en premier lieu sa grosse voiture de société contre un modèle plus petit. »

Plus de la moitié des travailleurs qui ont une voiture de société indiquent dans le questionnaire préférer jouer sur la proportionnalité : taille de la voiture, version hybride et... vacances. Olivier Marcq : « Eh oui, les travailleurs voient aussi les vacances comme une monnaie d’échange dans la question de la mobilité, ce qui prouve qu’il y a intérêt à examiner le package salarial en général et le package mobilité en particulier avec un regard totalement frais et bien plus large. »

Les travailleurs sont plus critiques qu’il y a 2 ans à propos de la composition du package salarial

La pénurie sur le marché du travail laisse supposer aux travailleurs qu’ils peuvent en tirer avantage au niveau de leur rémunération. En tout cas, ils se montrent plus critiques sur ce point. Olivier Marcq: « À toutes les questions qui sondent la satisfaction sur le salaire et le package salarial, les travailleurs répondent 20 % moins positivement qu’il y a deux ans. Ils sont plus critiques à propos de la composition de ce package, sont plus stricts dans leur comparaison avec les autres (les collègues et le marché) et sont en outre moins positifs également sur le rapport salaire-travail. Le lien avec les difficultés rencontrées par les employeurs pour pourvoir certains postes vacants et donc le cercle vertueux qui en découle semble clair. Les entreprises ont également intérêt à en avoir conscience. Il est important que les entreprises engagent le dialogue sur la rémunération avec leurs (futurs) travailleurs, cette rémunération étant perçue comme une partie seulement de la relation professionnelle dans son ensemble. Un élément à ne pas perdre de vue dans le dialogue est que la rémunération ne constitue qu’un aspect de la relation entre l’employeur et le travailleur, et de l’entité sociale que forme une entreprise. En outre, la rémunération va au-delà du simple salaire en espèces. »

Tableau 2 : satisfaction des travailleurs sur leur package salarial, 2018 vs 2016

Travailleurs et employeurs sont d’accord : il faut avoir le choix

61,3 % des travailleurs trouvent important et 9,2 % trouvent même très important de pouvoir choisir parmi plusieurs ingrédients pour la composition de leur package salarial. Les CEO et les managers savent donc quoi faire s’ils veulent être un employeur attractif. Il est déjà apparu qu’ils l’avaient compris lorsqu’ACERTA leur a soumis les mêmes questions l’an dernier (2017) : 71 % misent en effet sur une mise en œuvre flexible du package salarial. Rien n’empêche donc les parties de rémunérer de manière flexible sans pour autant augmenter les coûts salariaux de l’organisation.

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